Bombardier Halifax

2  aviateurs avaient réussi à sauter en parachute ; le bombardier Thomas Fraser   atterrit  à  Zudausques et fut récupéré  par Lucien Bourdet qui le cacha chez lui jusqu'au  13 septembre 44.

Le mécanicien navigant William Hannah ( blessé au bras  par un éclat d’obus) atterrit dans une pâture en face de la ferme d’Albert Desmoudt dont voici le récit.

Le soir tombait, Henri Roger, Albert Holland et Albert Merlier qui étaient chez Albert Desmoudt  virent le parachutiste se poser dans la pâture mais aussitôt après des allemands arrivèrent  et partirent à sa recherche,  des motos allaient et venaient sans cesse dans le quartier, les allemands frappaient aux portes des riverains  pour les questionner , ils allèrent chez Henri Roger  ( qui était réfugié chez Gérard Holland  ) et c’est son épouse Denise qui leur ouvrit , ils lui demandèrent si elle n’avait pas vu le parachutiste , elle leur répondit : où étiez vous pendant le bombardement ?  aux abris dirent ils , et elle leur dit : et bien moi aussi , ils n’insistèrent  plus  et repartirent tout en bougonnant.

Dès que les allemands furent tous partis, nos 4 hommes décidèrent d’aller à sa recherche , ils le trouvèrent  près d’un fourré où il s’était caché , mais comme il était blessé  Albert Desmoudt repartit chercher une échelle en guise de civière et ils le ramenèrent à la ferme où ils le cachèrent dans un bac à grain en attendant l’arrivée du docteur  Saudemont  qui leur dit qu’il ne fallait qu’il reste là  sinon nous serions tous fusillés . Il fut emmené à l’hôpital de St Omer où il y séjourna une semaine et revint ensuite à la ferme Desmoudt où  il y resta jusqu’à l’arrivée des Canadiens dans le village  le 5 septembre et revint en Angleterre le 10 septembre .

Après la guerre il continua de correspondre avec la  famille Desmoudt.

Petite anecdote sur  HANNAH

Il avait perdu sa montre en rampant pour se cacher dans le fourré et il en était contrarié  car cette montre qu’on lui avait offerte représentait pour lui une grande  valeur sentimentale.

Henri Roger repartit explorer les lieux et la retrouva à la grande joie d’Hannah.

Récit du crash des 2 bombardiers HALIFAX  du 25 août 44

d’après l’ouvrage de Marcel  Delaplace  sur les activités aériennes dans le ciel de Watten et Eperlecques de 1939 à 1945.

 

Vendredi  25 août 44  eut lieu le dernier et inutile bombardement dirigé sur le blockhaus d’Eperlecques .87 quadrimoteurs Halifax et 2 Lancasters de la RAF précédés de 5 Mosquitos  marqueurs d’objectifs lancèrent 445 bombes de 907 kgs et 60 de 454 kgs soit 431 tonnes de bombes, 30 appareils : 16 du groupe français Tunisie et 14 du groupe Guyenne faisaient partie de l’armada.Les appareils venaient du sud ouest en file indienne à 20h25. Les Mosquito lancèrent chacun une fusée pour marquer l’objectif .A 20h30 le bombardement débuta malgré un tir violent de la FKAK ( DCA allemande ).

2 bombardiers   Halifax furent touchés par la FLAK celui du squadron 10 tomba en flammes ( la queue de l’appareil se détacha avant ) entre la route du Mont et du Gravermersch . 5 membres de l’équipage périrent :le pilote Eric WALTON  23 ans,le navigateur James WITTAKER, le radio-mitrailleur  Charlie Mac DOUGHAL 22 ans,et les 2 mitrailleurs Clarence BYNG et Peter WARE 19 ans ,les 2 autres le mécanicien William HANNAH et le bombardier FRASER parvinrent à sauter en parachute et à échapper à la capture.Le quartier du Loosthoucq subit des dégats et la maison de mr Georges Desmoudt  fut fortement endommagée.

Le second appareil du Squadron 640 tomba quelques minutes après en flammes à la Westrove près de la ferme Lambriquet .Les 7 membres d’équipage périrent dans le brasier :le pilote  Cyril WHITE,le navigateur  Stanley JENKINS  21 ans, le bombardier canadien  J.DUFFIN,le mécanicien  Harry WARD  21ans,le radio mitrailleur  Geoffroy WARREN 19 ans et les mitrailleurs  Arthur  ALDEN et Ronald BOSWORTH.Les 12 victimes de ces 2 crashs furent inhumés au cimetière des Bruyères de Longuenesse où ils reposent toujours.

Témoignages sur Halifax du Mont

Récits et témoignages sur le crash du bombardier Halifax qui a été abattu le 25 aout 44  (en même temps que celui qui s’est crashé à la Westrove devant la ferme Lambriquet) par la flak au dessus du blockhaus et qui est tombé au Mont d’Eperlecques tout près de l’actuelle station d’épuration.

Juste avant sa chute le bombardier se cassa en deux ; la queue tomba dans la pâture qui fait l’angle avec la rue du Gravermersch et de la rue Verte et le reste de l’appareil tomba dans la pâture de l’autre côté de la rue Verte et prit feu immédiatement ( 4 membres de l’équipage périrent carbonisés) .Au  moment où l’avion se cassa en deux un aviateur sauta dans le vide et s’écrasa au sol (ils furent enterrés tous les 5 au cimetière des Bruyères à Longuenesse).

Raymond  Rébéna  raconte que le lendemain il est allé explorer les lieux du crash et a retrouvé cet aviateur dont le corps s’était enfoncé dans le sol, il n’avait plus de visage et sa tête était aplatie comme une crêpe.

Témoignage de Nestor Courquin (fils) : lorsque j’ai vu de chez moi  tomber l’avion  j’ai enfourché mon vélo à toute vitesse pour aller le voir. Quand je suis arrivé sur les lieux des gens du quartier étaient déjà là, je me suis approché de la queue de l’avion , le mitrailleur était resté mort à son poste ,il avait encore la cigarette à la bouche et dans la chute ses jambes s’étaient encastrées  dans le sol jusqu’ à hauteur de ses bottes. Peu de temps après arrivèrent des soldats  Allemands  qui nous firent reculer, je les vis entrer dans la queue de l’appareil et en essayant d’extirper le mitrailleur de sa tourelle une balle qui était restée dans la culasse de la  mitrailleuse  partit  atteignant un soldat allemand qui par miracle n’eut que  sa veste entaillée .