Dès le 25 mai 1940, la 2 ème Panzer qui assiégeait Boulogne avait reçu l’ordre de se mettre en marche en direction de Watten pour appuyer la reprise de l’attaque vers Dunkerque.C’est précisément les blindés de la 2 ème Panzer qui empruntaient la route départementale Bayenghem les Eperlecques – Watten que les aviateurs du 107 ème Squadron de la RAF reçurent l’ordre d’attaquer le 27 mai 1940.
L’attaque fut menée par 3 bombardiers Blenheim du 107 ème squadron basé à Wattisham en Grande Bretagne et emportant chacun près d’une demi tonne de bombes, la formation était conduite par le commandant du squadron Sir Basil Embry, le navigateur T.A. Witting (qui appartenait à une famille de cultivateurs ) et pour mitrailleur J. Lang ( petit et mince qui avait un sens aigu de l’humour et de la répartie ).
NAISSANCE D’UNE LEGENDE DE GUERRE A EPERLECQUES
Ils décollèrent vers 16 h heure anglaise ( 17 h heure locale ) , mirent le cap sur Ramsgate , après avoir atteint la côte obscurcie par la fumée, ils prirent la direction de l’objectif situé à Eperlecques ( secteur de l’Estabergue ), quelques minutes après Whiting prévint qu’ils approchaient de l’objectif.
Le commandant Embry ordonna par radio à tous les équipages de coiffer leurs casques d’acier ( protection contre les éclats d’obus de DCA ). Le tir des armes de la 2 ème Panzer était moins dense que d’habitude mais plus précis, soudain l’avion vibra violemment mais demeura contrôlable, enfin Whiting précisa ‘’ un peu plus sur tribord… tenez bon…bombes larguées ‘’. Un peu plus tard il ajouta ‘’ venez au 280’’.
En amorçant le virage vers la droite, la fenêtre latérale s’envola, et Embry sentit un choc douloureux contre sa jambe gauche et le Blenheim fut agité de terribles soubresauts, il était immédiatement atteint, le manche lui fut arraché des mains puis demeura flottant, l’appareil s’engagea en cabré et perdit de la vitesse , n’obéissant plus, et l’interphone était muet, Embry lança son casque à Whiting pour le faire retourner et agita son manche à balai en tous sens pour faire comprendre qu’il n’ était plus maître à bord, il montra le panneau de secours et lui fit signe de sauter.
Il fallu pour dégager l’ouverture un temps qui parut long car l’avion fonçait vers la terre. A grand peine, Embry quitta son siège et jeta un coup d’œil sur le poste arrière, Lang était recroquevillé dans sa tourelle, il dut se résigner à l’abandonner dans l’avion, Whiting était en boule près de l’écoutille accrochant son sac de parachute à son harnais puis disparut, ce fut ensuite le tour d’ Embry dont la voilure s’était ouverte tandis que l’avion s’écrasait à l’extémité du chemin de Middelwegh ( à la limite du bois d’Houlle ) dans un champ sur le territoire d’Eperlecques.